Inconstante, irrégulière, mouvante, floue, transparente mais si difficile à lire. Je me regardais écrire ces quelques mots sur un contrat quelconque. Mes lettres sont incapable d'une quelconque régularité ou similitude. Je suis pareille, tellement changeante sur ma vision et ce que je suis. Comme mes mots, j'hésite, je trébuche, je ne prend pas de réelle décision, je me laisse porter par le grain du papier en le laissant me guider, alors que je devrais l'écraser, le lisser sous ma plume. Au lieu de ça je préfère me laisser chatouiller par sa rugosité, le lire, le suivre, m'adapter. Ma main n'est que l'outil du papier et pas l'inverse, logique pour tout être humain. Je suis un hologramme tremblotant, reflétant gauchement la société qu'il imite.
Derrière ces allures de rigolotte bavarde et expansive. Je ne suis qu'une paire de grands yeux hésitant. Ne recherchant que l'approbation, le respect, l'amour du regard de mon prochain. Je ne suis qu'une enfant cherchant à s'intégrer dans la cours de l'école. Celle qu'on appelle la sorcière, celle a qui on tire les vilains cheveux bouclés, celle qui ne sais pas courir, celle aux joues un peu trop rondes. Celle qui ris pourtant de tout, qui se trouve si jolie dans le miroir de la salle de bain, celle qui joue à la maman et à la prisonnière. Celle qui n'aime pas trop les filles, préfère les garçons, celle qui n'est jamais très populaire mais qui se sent bien au milieu de ses rares mais si chéris amis. Celle qui se met debout sur les tables pendant les mariages pour chanter à tue tête dans le micro, celle qui ne s'est jamais vue ailleurs que sur scène, celle qui est persuadée de la valeur de son trésor, celle qui, peut-être un peu prétentieuse, attend son heure pour montrer au monde qu'elle est quelqu'un. Celle qu'on a toute cassée quand il a fallu se frotter à l'horreur de l'adolescence, celle qu'on a insulté, rabaissée, isolée, humiliée. Celle qui pleure en allant en EPS et en Allemand, celle a qui on trouve toujours des surnoms très drôle, celle qu'on trouve laide et grosse. Celle qui a par la suite mis tellement de temps à retrouver une véritable estime d'elle-même, celle qui n'avais jamais vraiment perdu sa toute première fierté, celle qui a toujours cru en son trésor, quoi qu'il arrive. Celle qui n'accepte pas les critiques, celle qui ne les acceptes plus, celle qui maintenant les fait. Celle qui paraît parfois aigrie. Celle qui pleure encore pour Lui. Celle qui n'a pas pu dire Je T'aime à temps a ceux qu'elle a perdu. Celle qui a perdu tant pour une passion. Celle qui s'est relevée, Celle qui a changé, Celle qui a trouvé ceux qu'elle cherchait. Celle qui a retrouvé ceux qui en valaient la peine. Celle qui maintenant doit choisir de prendre sa vie en main.
Celle qui doit s'envoler à tire d'ailes.